Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Ablation des fils ou agrafes à domicile : comment ça se passe avec une infirmière ?

Ablation des fils ou agrafes à domicile : comment ça se passe avec une infirmière ?

01/07/2026
Ablation des fils ou agrafes à domicile : comment ça se passe avec une infirmière ?
Retrait de fils ou agrafes à domicile : soin remboursé, sans déplacement. Découvrez comment ça se passe avec une infirmière

Vous rentrez d'une opération, des fils ou des agrafes maintiennent votre plaie fermée, et une question vous taraude : faut-il vraiment retourner à l'hôpital pour les faire retirer ? En Belgique, la réponse est non. Une infirmière à domicile est pleinement habilitée à réaliser l'ablation des fils et agrafes directement chez vous, sur simple prescription médicale — un soin d'ailleurs remboursé par votre mutualité. Axelle Delimont, infirmière à domicile à Fleurus, accompagne régulièrement ses patients dans cette étape post-opératoire, avec rigueur et bienveillance. Voici un tutoriel complet, étape par étape, pour comprendre si vous êtes éligible et découvrir comment ce soin se déroule concrètement.

Ce qu'il faut retenir
  • L'ablation des fils ou agrafes à domicile nécessite obligatoirement une prescription médicale précisant la date (J+x), le type d'ablation (totale ou partielle) et le type de dispositif (fils ou agrafes) — sans cette ordonnance, l'infirmière ne peut pas intervenir.
  • Les délais de retrait varient selon la localisation : de 3 jours pour les paupières jusqu'à 21 jours pour les membres inférieurs — c'est toujours la prescription du chirurgien qui fait foi.
  • Depuis le 1er avril 2016, l'ablation de fils ou d'agrafes n'est remboursée par la mutualité que lorsqu'elle est réalisée au domicile du patient (ou en résidence de convalescence) — les soins effectués en cabinet infirmier ne sont plus pris en charge par l'INAMI.
  • La cicatrice reste fragile environ 9 mois après l'ablation et doit être protégée du soleil (SPF50) pendant au minimum 12 mois pour éviter une hyperpigmentation définitive.

1 - Vérifier que votre situation permet une ablation à domicile

Avant de planifier quoi que ce soit, trois conditions doivent être réunies : une ordonnance valide, le respect du délai post-opératoire et un état de plaie satisfaisant. Passons-les en revue.

La prescription médicale : votre sésame indispensable

Sans ordonnance, aucune infirmière ne peut légalement procéder à l'ablation de vos fils ou agrafes. C'est une obligation inscrite dans l'arrêté royal du 18 juin 1990 (version coordonnée mai 2024), qui classe ce soin en catégorie B2 — autrement dit, un acte infirmier réalisable uniquement sur prescription médicale.

Cette ordonnance doit être précise. Elle mentionne la date d'ablation exprimée en J+x postopératoire (par exemple J+10, soit 10 jours après l'intervention), le type d'ablation (totale ou partielle, comme « 1 agrafe sur 2 »), ainsi que le type de dispositif concerné (fils ou agrafes). Qui peut la délivrer ? Votre chirurgien, votre médecin traitant, ou même un dentiste après une extraction chirurgicale — une possibilité encadrée par l'arrêté royal du 10 janvier 2021, publié au Moniteur Belge du 19 février 2021, qui permet à une infirmière d'accepter et d'attester une prescription de retrait de fils émanant d'un dentiste.

Bon réflexe : pensez également à passer en pharmacie avant le rendez-vous pour récupérer le matériel de pansement prescrit (compresses, pansements adaptés). L'infirmière apporte ses instruments, mais certains consommables figurent sur votre ordonnance.

Le délai post-opératoire : ni trop tôt, ni trop tard

Retirer des fils ou agrafes trop tôt expose à un risque de déhiscence, c'est-à-dire une réouverture de la plaie. À l'inverse, attendre trop longtemps peut laisser des marques cicatricielles permanentes et compliquer le retrait. Le bon timing dépend de la zone opérée. Voici les délais indicatifs selon la localisation anatomique :

  • Paupières : 3 jours (c'est la localisation pour laquelle le retrait est le plus précoce, grâce à la vascularisation importante de cette zone qui favorise une cicatrisation rapide)
  • Visage et cou : 3 à 5 jours
  • Cuir chevelu : 7 à 10 jours
  • Membres supérieurs : 7 à 10 jours
  • Tronc et abdomen : 10 à 14 jours
  • Membres inférieurs : 14 à 21 jours

Ces chiffres restent indicatifs : c'est toujours la prescription de votre chirurgien qui fait foi. Par ailleurs, certains facteurs ralentissent la cicatrisation — diabète, corticothérapie prolongée, tabagisme, âge avancé, immunodépression, mais aussi obésité, dénutrition ou malnutrition (carences protéiques et en micronutriments), consommation d'alcool ou de stupéfiants, et pathologies vasculaires. Dans ces cas, un délai prolongé peut s'imposer, et l'infirmière évaluera la situation avant de procéder, en accord avec le médecin prescripteur.

???? Exemple concret : Mireille Vanderstraeten, 68 ans, résidant à Fleurus, devait se faire retirer ses agrafes abdominales à J+12 après une cholécystectomie. Lors de sa visite, Axelle a constaté que la cicatrisation était ralentie en raison d'un traitement corticoïde au long cours et d'un diabète de type 2. Après évaluation de la plaie et contact téléphonique avec le chirurgien, l'ablation a été reportée à J+16. Les agrafes ont finalement été retirées en deux temps — une agrafe sur deux à J+16, puis les restantes à J+19 — avec un résultat cicatriciel tout à fait satisfaisant.

L'état de la plaie : les signaux qui autorisent ou contre-indiquent le soin

Le jour venu, l'infirmière observe attentivement votre plaie. Feu vert pour l'ablation à domicile : les berges de la plaie sont jointives, il n'y a pas de désunion, pas de signes infectieux. La cicatrisation suit son cours normal.

En revanche, certains signaux d'alerte doivent vous pousser à contacter immédiatement votre infirmière ou votre médecin avant le rendez-vous : rougeur étendue autour de la plaie, chaleur locale, écoulement purulent ou jaunâtre, douleur croissante, ou fièvre. Si un signe suspect apparaît, l'ablation est reportée et un avis médical s'impose en priorité. Mieux vaut un report que de prendre un risque inutile.

Plaie simple : les critères qui autorisent le soin à domicile

Au-delà de l'état de cicatrisation, le soin de plaie post-opératoire à domicile est réservé aux plaies répondant à l'ensemble des critères suivants : plaie peu profonde, linéaire, sans perte de substance, de taille inférieure à la paume de la main, située à distance d'un orifice naturel, peu souillée et sans fracture sous-jacente. Si l'une de ces conditions n'est pas remplie, l'ablation à domicile est contre-indiquée et un retour en consultation chirurgicale s'impose. En cas de doute, n'hésitez pas à nous transmettre une photo de votre plaie : nous pourrons vous orienter rapidement.

???? À noter : Pour tout soin de plaie nécessitant un suivi, l'infirmière est tenue d'envoyer une notification écrite au médecin généraliste dans les 5 jours suivant la première séance de soins, par voie électronique sécurisée. Cette obligation s'applique systématiquement — et pas uniquement en cas de complication. Elle garantit la continuité des soins et permet au médecin traitant de suivre l'évolution de votre cicatrisation à distance.

2 - Le déroulement précis de l'ablation des fils ou agrafes à domicile

Passons maintenant au cœur du soin. Comment se déroule concrètement l'ablation lorsque l'infirmière arrive chez vous ?

Ce que vous préparez, ce que l'infirmière apporte

De votre côté, prévoyez une pièce propre et bien éclairée — une lampe d'appoint peut s'avérer très utile — avec un lit ou un fauteuil stable, à hauteur confortable pour que l'infirmière puisse travailler dans de bonnes conditions. Le matin du rendez-vous, nettoyez doucement la zone avec de l'eau et un savon doux, sans frotter ni appliquer d'antiseptique vous-même. Ce nettoyage soigneux a un double objectif : respecter les règles d'hygiène, mais aussi éliminer les croûtes ou sécrétions séchées collées autour des fils ou des agrafes, ce qui rend la procédure nettement plus confortable pour vous. Et surtout : ne retirez pas votre pansement avant l'arrivée de l'infirmière. L'ablation du pansement fait partie intégrante du protocole stérile.

L'infirmière, quant à elle, apporte un kit stérile à usage unique complet : pince anatomique, ciseaux ou bistouri stérile pour les fils, pince ôte-agrafes (appelée pince de Michel) pour les agrafes, champ stérile, compresses et solution saline NaCl 0,9 %. Elle vérifie systématiquement l'intégrité des emballages stériles et leurs dates de péremption. Dans le cadre du tiers payant, elle contrôle également votre identité via votre carte eID — une démarche obligatoire imposée par l'INAMI.

La technique d'ablation : fils et agrafes, deux gestes différents

Pour les fils non résorbables, l'infirmière saisit le nœud avec la pince, le soulève légèrement, puis coupe le fil sous le nœud, au ras de la peau, à l'aide d'un bistouri ou de ciseaux stériles. Pourquoi couper à cet endroit précis ? Pour éviter que la partie du fil exposée à l'air — potentiellement contaminée — ne passe sous la peau. Elle tire ensuite doucement et vérifie la présence des trois brins du fil. Imaginez une suture sur l'avant-bras après le retrait d'un grain de beauté : chaque fil est retiré méthodiquement, un par un.

Pour les agrafes, la technique diffère. L'infirmière glisse le bec de la pince de Michel sous le centre de l'agrafe, serre pour faire courber l'agrafe et la déloger de la peau, puis la retire. Le geste est précis et rapide. Dans les deux cas, elle dénombre soigneusement les dispositifs avant et après le retrait, pour s'assurer qu'aucun fragment ne reste dans la plaie. Le soin se termine par une désinfection de la zone et la pose d'un pansement de protection adapté.

Et la douleur ? Rassurez-vous : le soin est généralement peu douloureux. Vous pouvez ressentir un léger pincement au moment du retrait, mais la procédure est rapide et bien tolérée. La sensibilité varie toutefois selon la localisation — la lèvre supérieure, par exemple, est plus sensible que le tronc. Notez que si le nettoyage de la plaie avant le rendez-vous a été insuffisant — avec des croûtes ou sécrétions séchées encore présentes autour des fils ou des agrafes — la procédure peut s'avérer sensiblement plus inconfortable. Un bon nettoyage le matin fait donc réellement la différence.

???? Conseil : Lors de sa visite, l'infirmière peut intégrer une photo de votre plaie directement dans votre dossier infirmier. Ce document est ensuite mis à disposition du médecin prescripteur pour faciliter le suivi à distance et justifier les décisions prises (report de l'ablation, pose de Stéri-Strip®, etc.). N'hésitez pas à demander cette photo, surtout si votre plaie se situe dans une zone difficile à observer vous-même.

Si l'ablation n'est pas possible lors de ce passage

Il arrive que la cicatrisation soit incomplète ou qu'une légère désunion apparaisse. Dans ce cas, l'infirmière peut poser des Stéri-Strip® — des sutures adhésives stériles — en maintien provisoire, et contacter le médecin prescripteur pour adapter la prise en charge. En cas d'infection active constatée sur place, le soin est immédiatement interrompu. Le médecin est notifié par voie électronique sécurisée dans les 5 jours (conformément aux obligations INAMI applicables à tout premier soin de plaie), et un retour en consultation chirurgicale est organisé.

Si votre chirurgien a prescrit une ablation en deux temps — par exemple 1 agrafe sur 2 lors du premier passage, puis les restantes quelques jours plus tard — c'est l'infirmière qui fixe la date du second passage après évaluation clinique. Ne planifiez pas vous-même ce délai : cette approche progressive, fréquente en chirurgie abdominale ou mammaire, nécessite un œil professionnel pour valider le moment opportun.

3 - Après l'ablation : surveiller et protéger votre cicatrice

Les premières 48 heures : les bons réflexes

Le retrait des fils ou agrafes ne marque pas la fin du processus. La cicatrice reste fragile et continue d'évoluer pendant environ 9 mois. Elle sera la plus épaisse et la plus rouge vers 3 mois, puis passera progressivement du rouge au rose, et enfin au blanc argenté — c'est tout à fait normal. En cas d'ablation d'agrafes, des marques résiduelles correspondant aux points de pénétration de chaque agrafe dans la peau peuvent persister plusieurs semaines après le retrait, avant de s'atténuer progressivement. Ces petites marques sont tout à fait normales et ne doivent pas être confondues avec des signes d'infection.

Dans les 24 premières heures suivant l'ablation, gardez la cicatrice au sec. La douche est ensuite autorisée, en tamponnant délicatement sans frotter. En revanche, les bains, la piscine et la baignade en mer sont à proscrire pendant au moins 15 jours. Si des Stéri-Strip® ont été posés, laissez-les en place minimum une semaine.

Surveillance quotidienne et signaux d'alerte

Surveillez quotidiennement votre cicatrice pendant 48 heures : observez sa couleur, la présence éventuelle d'un écoulement, l'état des berges. Prenez une photo chaque jour pour faciliter le suivi si nécessaire — l'infirmière ayant elle-même pu photographier votre plaie lors du soin pour documenter votre dossier, ces clichés complémentaires permettent un suivi comparatif précieux. En cas d'ouverture des berges, de rougeur, de chaleur ou d'écoulement inhabituel, contactez immédiatement votre infirmière ou votre médecin.

Protéger la cicatrice du soleil : un geste souvent négligé

Point essentiel souvent méconnu : protégez votre cicatrice du soleil pendant au minimum 12 mois. L'exposition aux UV sur une cicatrice récente peut provoquer une hyperpigmentation définitive. En pratique, couvrez-la avec un pansement ou appliquez une crème solaire SPF50, renouvelée toutes les 2 heures en cas d'exposition, conformément aux recommandations du CHU Saint-Pierre de Bruxelles.

Enfin, dès que votre infirmière valide la bonne fermeture de la plaie, vous pouvez commencer des massages circulaires doux avec le pouce sur la cicatrice. Ces massages, recommandés notamment par le CHU de Charleroi et le GHdC, permettent de limiter les adhérences, d'assouplir les tissus et d'améliorer sensiblement le résultat esthétique final.

???? Exemple concret : Étienne Claessens, 45 ans, s'est fait retirer à domicile les fils de suture situés sur son avant-bras gauche (exérèse d'un nævus) à J+10. L'infirmière a constaté une cicatrisation conforme et a procédé à l'ablation sans difficulté. Étienne a ensuite appliqué rigoureusement une crème solaire SPF50 pendant l'été qui a suivi. Au contrôle à 6 mois, sa cicatrice était fine, souple et quasiment invisible — un résultat directement lié à la protection solaire et aux massages réguliers démarrés dès la validation de la fermeture de la plaie.

4 - Remboursement et aspects pratiques

Dernier point pratique : en Belgique, l'ablation des fils ou agrafes à domicile par une infirmière est prise en charge par votre mutualité via le système du tiers payant — que vous soyez affilié à la MC, Solidaris, Partenamut ou toute autre mutualité belge. Les patients bénéficiant du statut BIM (bénéficiaire de l'intervention majorée) ne paient aucun ticket modérateur.

???? À noter : Depuis le 1er avril 2016, certains soins de plaies, dont l'ablation de fils et d'agrafes, ne sont plus remboursables par la mutualité lorsqu'ils sont réalisés en cabinet infirmier. Le remboursement INAMI s'applique uniquement aux séances réalisées au domicile du patient ou en résidence de convalescence. Faire appel à une infirmière à domicile vous évite donc non seulement le déplacement, mais aussi un éventuel surcoût non remboursé.

Si l'infirmière n'applique pas le tiers payant, le patient règle l'intégralité des honoraires directement lors du soin. L'infirmière lui remet alors une attestation de soins donnés. Il suffit ensuite de transmettre l'original de cette attestation, accompagné de la prescription médicale, à sa mutualité pour obtenir le remboursement de la part prise en charge.

Si vous résidez à Fleurus ou dans ses environs et que vous avez des fils ou agrafes à faire retirer après une intervention, Axelle Delimont, infirmière à domicile, se déplace directement chez vous pour réaliser ce soin dans les meilleures conditions de sécurité et de confort. Son approche repose sur un accompagnement personnalisé, une écoute attentive et un lien constant avec votre médecin traitant pour garantir la continuité de vos soins. N'hésitez pas à nous contacter pour planifier votre rendez-vous : nous nous occupons de tout, vous restez tranquillement chez vous.